On ne va pas se mentir, changer de messagerie, c’est un peu comme changer de banque. On a la flemme. On se dit que ça va être compliqué, qu’on va perdre des contacts ou que l’interface sera datée des années 2000. Sauf que voilà, à force d’entendre parler de la souveraineté des données et d’en avoir marre que nos emails servent à nourrir des algorithmes publicitaires, il faut bien regarder ce qu’il se passe ailleurs. Et souvent, “ailleurs”, c’est chez Infomaniak.
Alors, est-ce que leur service Mail tient vraiment la route au quotidien ou c’est juste pour se donner bonne conscience ? J’ai creusé le sujet pour vous.
La première fois qu’on ouvre le Webmail d’Infomaniak, il y a ce petit moment de soulagement. C’est propre. Vraiment propre. On est loin des usines à gaz qu’on trouve parfois chez certains hébergeurs pros un peu “oldschool”. Ici, tout est fluide. Vous avez vos mails, vos contacts et votre calendrier au même endroit, un peu comme sur les standards du marché, mais sans les distractions visuelles.
Le truc que j’apprécie particulièrement – et c’est un détail qui compte –, c’est la gestion des dossiers et des filtres. C’est intuitif. On ne passe pas trois heures à chercher comment créer une règle pour virer automatiquement les factures dans un dossier “Compta”. Ça se fait tout seul, ou presque. Et oui, bien sûr, c’est accessible depuis n’importe quel navigateur, que vous soyez sur votre PC au bureau ou sur votre téléphone dans le train. D’ailleurs, ils ont une app dédiée, “Infomaniak Mail”, qui fait franchement bien le job si vous voulez éviter de configurer l’app native de votre smartphone.
Bon, parlons du vrai sujet qui fâche : la sécurité. Pourquoi payer ou choisir un service suisse alors que les géants américains sont “gratuits” ? La réponse est simple : la gratuité, c’est vos données.
Avec Infomaniak, c’est une autre philosophie. Vos données sont stockées en Suisse. Point. Elles sont protégées par des lois sur la confidentialité qui sont, disons-le, beaucoup plus strictes que ce qu’on trouve ailleurs en Europe ou aux US. Ils respectent le RGPD à la lettre, et même plus via la LPD suisse. Concrètement, ça veut dire que personne ne scanne vos emails pour vous vendre des baskets ou des assurances. C’est reposant. En plus, ils incluent de base des filtres anti-spam et anti-phishing qui apprennent assez vite. C’est pas infaillible – aucun système ne l’est – mais c’est du solide.
Si on devait faire un match rapide, imaginez Gmail comme un immense centre commercial : c’est pratique, y’a tout, mais y’a du monde partout et des caméras qui vous pistent. Infomaniak, c’est plutôt le bureau privé sécurisé avec vue sur les Alpes.
Côté stockage, ils ne sont pas radins. On démarre souvent avec du stockage illimité pour les mails (oui, vous avez bien lu), alors que chez Google ou Outlook, vous finissez toujours par taper le plafond des 15 Go et devoir sortir la carte bleue. Par contre, soyons honnêtes, l’intégration avec des outils tiers est parfois un poil moins native que chez Google qui possède la moitié du web. Mais grâce aux protocoles standards qu’ils utilisent – CalDAV pour les agendas et CardDAV pour les contacts – ça se synchronise quand même partout si on prend deux minutes pour le paramétrer.
C’est souvent là que ça coince. La peur de la migration. J’avais la même. Mais en fait, Infomaniak a développé un petit outil d’importation assez bluffant. Vous lui donnez les accès de votre vieille boîte (Gmail, Yahoo, ce que vous voulez), et il aspire tout : les dossiers, les messages lus, non lus… Il remet tout au propre dans votre nouvelle boîte. Vous pouvez lancer ça le soir et le lendemain matin, tout est là.
Et puis, il faut voir plus loin que le bout de sa lorgnette. Avoir une adresse chez eux, c’est souvent la porte d’entrée vers tout leur écosystème, notamment kDrive (leur alternative à Drive) ou kMeet pour les visios. C’est cohérent. On sent qu’ils ont bossé pour que tout communique. Par exemple, envoyer une pièce jointe de 3 Go (oui, 3 Go !) depuis le mail se fait en générant un lien kDrive automatiquement. C’est super fluide.
Avant de conclure, je anticipe deux-trois questions que je reçois tout le temps. Déjà, est-ce que je peux utiliser mon Outlook ou mon Apple Mail ? Oui, évidemment. Ils supportent l’IMAP parfaitement. Vous n’êtes pas obligé d’utiliser leur webmail si vous êtes accro à votre logiciel de bureau. Ensuite, est-ce que c’est écolo ? C’est même leur cheval de bataille. Leurs datacenters sont refroidis sans clim, juste avec l’air extérieur, et ils compensent leurs émissions à 200%. C’est pas du greenwashing, c’est du concret.
Bref, si vous cherchez une messagerie qui fait le boulot, qui respecte votre vie privée et qui a un support technique basé à Genève (qui répond vraiment au téléphone, c’est assez rare pour être noté), ça vaut clairement le coup de tester. C’est peut-être un poil moins “fun” que certaines apps californiennes bourrées d’IA, mais c’est fiable, c’est chez nous, et ça marche.