Alors, parlons un peu de Wire. Si vous cherchez à échapper aux regards indiscrets des géants de la Tech… c’est probablement le nom qui revient le plus souvent sur la table, et pour cause. Lancée en 2014, cette application ne se contente pas d’être une énième messagerie ; elle joue la carte de la forteresse numérique. Basée en Suisse — ce qui, on ne va pas se mentir, est déjà un argument de poids en matière de législation sur les données —, elle propose ce que beaucoup promettent mais que peu délivrent vraiment : une sécurité intransigeante.

Concrètement, qu’est-ce qu’on a sous le capot ? Wire s’appuie sur un chiffrement de bout en bout qui est activé par défaut. C’est un détail qui a son importance… car chez certains concurrents, il faut aller fouiller dans les réglages pour être vraiment protégé. Ici, que vous passiez un appel vidéo HD, que vous envoyiez un document confidentiel ou juste un GIF à un collègue, tout reste hermétique. Seuls vous et votre interlocuteur avez les clés, littéralement.
Mais bon, la sécurité, ça ne fait pas tout. Il faut aussi que l’outil soit utilisable au quotidien.
Et c’est là que Wire surprend agréablement. L’interface est épurée, presque minimaliste… certains diront même un peu austère, mais c’est le prix de la clarté. Vous retrouvez toutes les fonctions classiques, comme les groupes de discussion ou le partage d’écran — très utile pour les pros, d’ailleurs — sans être noyé sous des gadgets inutiles. Ils ont même intégré ce système de messages éphémères, vous savez, ceux qui s’autodétruisent après lecture. C’est le genre de fonctionnalité qu’on pensait réservée aux films d’espionnage, mais qui s’avère finalement assez pratique pour partager des infos sensibles, comme un mot de passe ou un code bancaire, sans laisser de traces ad vitam æternam.
Après, soyons honnêtes deux minutes… tout n’est pas rose.
Si Wire est un bijou de technologie open source — ce qui permet à n’importe quel expert d’aller vérifier que le code ne cache rien de louche —, il souffre d’un défaut classique : l’effet de réseau. Vos amis sont probablement tous sur WhatsApp ou Messenger. Convaincre Tante Micheline ou votre club de sport de migrer sur Wire… bon courage. C’est une application qui demande un petit effort d’adoption. De plus, si la version gratuite est largement suffisante pour un usage personnel, les fonctionnalités vraiment collaboratives pour les entreprises passent par la case abonnement. C’est normal, la qualité se paie, mais c’est à prendre en compte.
Bref, si vous privilégiez la confidentialité absolue et que vous êtes prêt à faire un petit travail d’évangélisation auprès de vos contacts, c’est sans doute l’une des solutions les plus robustes du marché actuel.
Petite note pour les puristes et les sceptiques — je sais que vous êtes là, et vous avez bien raison : je ne sors pas tout ça de mon chapeau. Si vous voulez mettre les mains dans le cambouis ou vérifier que je ne raconte pas de salades sur le chiffrement, voici les documents techniques sur lesquels je me suis appuyé pour rédiger ce papier :
Le Code Source : Comme promis, tout est transparent. Vous pouvez inspecter le code des applications (iOS, Android, Web) directement sur le
GitHub officiel de Wire. Pas de boîte noire ici.
Le “Livre Blanc” Sécurité : Pour les incollables en crypto qui veulent comprendre comment fonctionne le protocole Proteus (leur version d’Axolotl), c’est par ici que ça se passe : Wire Security Whitepaper.
Les Audits Externes : Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par les autres, les rapports des cabinets X41 D-Sec et Kudelski Security sont publics. Ils ont passé l’appli au crible et c’est rassurant de voir que les failles trouvées ont été corrigées :
Voir les rapports d’audit.
La Juridiction Suisse : Un petit coup d’œil à leur Politique de Confidentialité vous confirmera que vos métadonnées sont bien à l’abri sous les Alpes, loin du Patriot Act américain.