Comprendre le chiffrement des emails (sans avoir besoin d’un doctorat en maths)
Imaginez un instant… Vous écrivez une carte postale. Vous la confiez au facteur, elle passe de main en main, de camion en centre de tri. Tout le monde peut la lire, n’est-ce pas ? Eh bien, c’est exactement ce qui se passe avec vos emails classiques. Ils voyagent “à découvert”. C’est là que le chiffrement entre en scène, un peu comme une enveloppe de plomb scellée.
Alors, comment cette magie opère-t-elle concrètement ?
Le principe est, disons… fascinant de simplicité, même s’il repose sur des mathématiques complexes. Lorsque vous rédigez votre message, le chiffrement va le transformer en une bouillie de caractères totalement illisible. On appelle ça du “texte chiffré”. Si un pirate ou une entité curieuse interceptait ce message en cours de route, il ne verrait qu’une suite incohérente de chiffres et de lettres. C’est plutôt rassurant.
Mais pour que cela fonctionne, il faut une clé. Enfin, deux clés, pour être précis. C’est ce qu’on appelle le chiffrement asymétrique, et c’est le cœur du système de services comme Mailfence.
Voyez les choses ainsi : vous disposez d’une clé publique et d’une clé privée. Votre clé publique, c’est comme un cadenas ouvert que vous distribuez à tout le monde. N’importe qui peut l’utiliser pour fermer une boîte contenant un message pour vous. Mais une fois le cadenas clippé… terminé. Personne ne peut le rouvrir. Sauf vous. Parce que vous êtes le seul, l’unique détenteur de la clé privée, la seule capable d’ouvrir ce cadenas. C’est brillant, non ?
Il faut toutefois faire une petite distinction importante, car on s’y perd parfois.
Il existe le chiffrement durant le transport — souvent appelé TLS. C’est bien, mais incomplet. Imaginez un camion blindé qui transporte votre courrier. Le voyage est sûr, certes, mais une fois arrivé au centre de tri, le camion s’ouvre et le courrier est vulnérable. Google ou Microsoft peuvent techniquement lire vos messages à ce moment-là.
C’est pour cela que le chiffrement de bout en bout est la véritable solution, le “Graal” de la confidentialité si on veut.
Avec le bout en bout, le message est chiffré sur votre appareil et ne redevient lisible que sur l’appareil de votre destinataire. Même le fournisseur de mail — Mailfence ou autre — ne peut techniquement pas lire ce que vous écrivez. Ils n’ont tout simplement pas les clés. C’est une confidentialité absolue, mathématique.
En somme, chiffrer ses emails, ce n’est pas de la paranoïa. C’est simplement reprendre le contrôle, s’assurer que nos correspondances privées le restent vraiment. Et dans le monde numérique actuel, c’est un luxe qui devrait être la norme.

