C’est la douche froide. Vous venez de cliquer sur “Envoyer”, fier de votre dernière newsletter. Vous attendez les retours, les clics, l’effervescence… et rien. Silence radio. En fouillant un peu, vous réalisez que votre message gît, honteux, au milieu des arnaques de loterie et des promotions pour pilules bleues. La question tourne alors en boucle : “Mais pourquoi mes mails arrivent en spam ?”.

C’est rageant, je sais. On se sent un peu insulté par la machine. Pourtant, rassurez-vous, ce n’est pas le sort qui s’acharne sur vous. C’est souvent juste un malentendu technique entre votre serveur d’envoi et les gardiens un peu paranoïaques de chez Google ou Outlook. Et la bonne nouvelle, c’est que ce malentendu se dissipe très bien quand on parle le bon langage.

Votre réputation technique : le coupable invisible

Quand on cherche à comprendre pourquoi ses courriels sont bloqués, on a tendance à relire son texte dix fois. “Est-ce que j’ai fait une faute ?”. “Est-ce que mon offre est trop agressive ?”. C’est humain, mais c’est souvent hors sujet. La majorité des blocages se jouent bien avant que le filtre ne lise le premier mot de votre message. Tout est une question de pedigree technique.

J’ai eu le cas avec un client, Marc, un consultant en finance très sérieux. Il ne comprenait pas pourquoi ses mails arrivaient en spam du jour au lendemain. En creusant, on a découvert qu’il utilisait une adresse IP partagée par un fournisseur d’envoi “low cost”. Manque de chance, son voisin d’IP était un spammeur notoire qui vendait de la cryptomonnaie douteuse. Aux yeux des filtres, Marc était coupable par association. Sa réputation était plombée, non pas par son travail, mais par ses fréquentations numériques.

C’est là qu’il faut se pencher sur ces acronymes un peu barbares : SPF, DKIM et DMARC. Voyez-les comme votre passeport et votre visa. Si vous arrivez à la frontière de Gmail sans ces papiers, vous êtes un clandestin. Et un clandestin, on ne le laisse pas entrer dans la boîte de réception principale, c’est aussi simple que ça.

Pourquoi mes mails arrivent en spam

Quand les mots vous trahissent (L’art de ne pas hurler)

Bon, admettons que votre technique soit carrée. Vos papiers sont en règle. Pourquoi le blocage persiste ? C’est souvent là que la subtilité du langage entre en jeu. Les algorithmes d’aujourd’hui ne cherchent plus seulement des mots interdits, ils analysent le ton.

Si votre email ressemble à un vendeur de foire qui hurle dans un mégaphone, vous allez droit dans le mur. L’usage excessif de majuscules, la ponctuation hystérique (!!!) ou le texte en rouge vif sont des signaux d’alarme immédiats.

Je me souviens d’une amie rédactrice qui avait préparé une campagne pour une association caritative. La cause était noble, l’urgence réelle. Mais dans sa panique, elle avait truffé son mail de “URGENT”, “AIDEZ-NOUS”, “DONNEZ MAINTENANT”. Résultat ? Spam immédiat. Les filtres ont vu “Urgence + Argent” et ont classé ça comme une tentative d’hameçonnage. C’est cruel, mais la machine ne connaît pas l’empathie, elle ne connaît que des probabilités. Il faut donc écrire naturellement, comme si vous parliez à un collègue autour d’un café.

Le cercle vicieux de l’indifférence

Enfin, il y a une raison plus douloureuse à accepter. Parfois, si vos messages finissent dans les indésirables, c’est parce que… personne ne les attend. Les fournisseurs de messagerie (les FAI) observent comment vos abonnés réagissent. S’ils n’ouvrent jamais, s’ils ne cliquent pas, ou pire, s’ils vous suppriment sans lire, Gmail en déduit que vous n’êtes pas intéressant.

C’est un cercle vicieux : moins on vous ouvre, plus vous atterrissez en spam. Et plus vous êtes en spam, moins on vous ouvre. Continuer d’envoyer à une liste morte, c’est comme continuer de parler à quelqu’un qui a mis ses écouteurs : c’est impoli et contre-productif.

Alors, avant de blâmer l’algorithme, posez-vous la question qui fâche : à quand remonte le dernier grand nettoyage de votre liste de contacts ?

Les questions qui fâchent (et leurs réponses honnêtes)

On a couvert la théorie, mais je sais ce qu’il se passe dans votre tête. Il reste toujours ces zones d’ombre, ces “oui mais…” qui vous empêchent de cliquer sur Envoyer sereinement. Voici les vrais points de blocage que je vois tout le temps, déminés pour vous.

“Je ne suis pas un spammeur, pourquoi Gmail me traite comme un criminel ?”

C’est la question à un million. Le souci, c’est que Gmail (ou Yahoo, ou Outlook) ne juge pas votre intention, il juge votre comportement technique. Vous pouvez avoir le cœur pur, si votre configuration technique (SPF/DKIM) est bancale, vous ressemblez à un faussaire aux yeux des algorithmes. De plus, si vous envoyez des mails à des gens qui ne les ouvrent jamais, Google se dit : “Tiens, ce contenu n’intéresse personne, je vais rendre service à tout le monde en le cachant”. C’est vexant, mais c’est purement mathématique

“Y a-t-il vraiment des ‘mots magiques’ qui m’envoient direct en enfer ?”

Oui et non. Disons que c’est une question de dosage. Écrire le mot “promotion” ou “gratuit” n’est pas interdit. En revanche, écrire “PROMOTION EXCEPTIONNELLE 100% GRATUIT !!!” en rouge et en gras, c’est signer votre arrêt de mort numérique. Les filtres analysent le contexte global. Si votre texte ressemble à une foire à la saucisse, avec trop de points d’exclamation, des couleurs criardes et un ratio texte/image déséquilibré, vous allez déclencher les alarmes. Restez sobre, restez classe.

“Je suis déjà blacklisté. C’est fichu ou je peux remonter la pente ?”

Ce n’est pas fichu, mais ça va demander de la patience. La réputation d’un domaine, c’est comme la confiance dans un couple : ça se perd vite et ça se regagne lentement.
La première étape, c’est d’arrêter l’hémorragie : cessez d’envoyer des mails aux inactifs (ceux qui n’ont rien ouvert depuis 6 mois). Ensuite, demandez à vos abonnés les plus fidèles un petit service : vous répondre. Un simple “répondre” à votre newsletter envoie un signal ultra-puissant aux fournisseurs de messagerie. Ça leur dit : “Regardez, c’est une vraie conversation, pas du spam”. Petit à petit, vous sortirez du purgatoire.

SPF, DKIM… C’est vraiment obligatoire ou c’est pour faire joli ?”

En 2026, c’est aussi obligatoire que d’avoir des freins sur sa voiture. Avant, on pouvait s’en passer et “espérer” que ça arrive. Aujourd’hui, avec le durcissement drastique des politiques de Google et Yahoo, si vous n’avez pas ces signatures cryptographiques, vous êtes invisible. C’est votre carte d’identité numérique. Sans elle, vous ne passez plus la douane. C’est technique, c’est pénible à installer, mais c’est non négociable.

Un dernier doute ?

Si vous avez l’impression de tout bien faire et que ça bloque encore, jetez un œil à votre fréquence d’envoi. Bombarder vos lecteurs tous les jours alors qu’ils ont signé pour une hebdo, c’est le meilleur moyen de se faire signaler manuellement comme spam. Et ça, aucun logiciel ne pourra le réparer.

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